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La musique est très présente dans les romans de ce que Paul Gilroy appelle l’Atlantique noir, comprenant l’Afrique subsaharienne et ses diasporas, notamment antillaises. L’étude de plusieurs romans de Michèle Rakotoson, Scholastique Mukasonga, Daniel Maximin, Léonora Miano, Kossi Efoui et Rachid Djaïdani permet de comprendre cette influence musicale et ses modalités. Les musiques de l’Atlantique noir, musiques traditionnelles, jazz ou rap, accueillent dans la forme romanesque une mémoire de la colonisation et de l’esclavage oubliée ou occultée, donnant à sentir les pertes, les hantises et les tabous qui continuent d’habiter le présent. Elles invitent aussi la littérature à réinventer la forme romanesque et à repenser le rapport de l’écriture à l’improvisation et à l’oralité, par un travail du vocabulaire, de la syntaxe ou de la structure romanesque. La musique, art du temps et de la performance, semble alors le moyen d’échapper à toutes sortes de figements et d’habitudes, dans la diégèse comme dans l’écriture.